Comment lutter contre les faux médicaments ?

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Par Claude Chirac,
Vice-Présidente de la fondation Chirac

Chaque année plus de 700 000 personnes meurent dans le monde à cause de la prise d’un faux médicament. Ce drame concerne principalement l’Afrique.

Un faux médicament est un médicament qui n’est pas ce qu’il prétend être et qui est destiné à tromper le consommateur. Composants toxiques, produits périmés, altération de l’identité et de la source des produits… les trafiquants n’ont aucun scrupule et exploitent le manque d’information des populations les plus vulnérables.

Ce trafic rapporterait jusqu’à 200 milliards de dollars chaque année et serait plus rentable que le trafic de drogue ! Pour 1 000 dollars investis, le trafic d’héroïne rapporte environ 20 000 dollars, tandis que la même somme investie dans le trafic de faux médicaments peut rapporter entre 200 000 et 450 000 dollars, soit 20 à 45 fois plus que le trafic de drogue. A l’attrait de cette rentabilité exceptionnelle s’ajoute le fait que bien souvent les sanctions pour ce trafic criminel sont bien moindres que pour celui des stupéfiants ! En effet, il y a un manque cruel de législations pénales dans de nombreux Etats, ainsi qu’au niveau international.

Le fléau des faux médicaments porte gravement atteinte à la dignité humaine. Ce trafic est d’autant plus révoltant que les producteurs et trafiquants commettent un double crime : celui de tromper le patient qui espère se soigner grâce à une prise médicamenteuse efficace et celui de s’attaquer aux populations les plus pauvres, les plus vulnérables et les moins informées.

Le 12 octobre 2009, le Président Jacques Chirac lance l’Appel de Cotonou en présence de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement, notamment Africains, afin de responsabiliser les décideurs politiques qui ont le devoir de protéger leurs populations et de mobiliser l’opinion publique dont le soutien est essentiel à une solution efficace et durable.

Face à l’impunité des trafiquants et à cette menace majeure qui fragilise les systèmes de santé publique africains, la fondation Chirac soutient et promeut la Convention MEDICRIME du Conseil de l’Europe, qui est le premier instrument juridique international permettant la pénalisation du trafic et de la production de faux médicaments.

Parallèlement, la Fondation Chirac mène des actions d’information et de sensibilisation du grand public, principalement africain, sur les risques mortels encourus par les populations victimes lorsqu’elles achètent des médicaments dans la rue ou sur les marchés.

En septembre 2015, nous avons choisi l’un des moyens de communication le plus universel, la musique,  pour lancer la campagne internationale de sensibilisation « Le médicament de la rue tue » grâce au soutien d’une vingtaine d’artistes célèbres en Afrique (Fally Ipupa, Magic System, Mokobé, Papa Wemba, Moussier Tombola etc.).

Le principe ? Remplacer les vrais artistes par de faux artistes dans des spots TV et radios afin de faire un parallèle avec les vrais et les faux médicaments. Les artistes investis ont ainsi piégé leurs propres communautés grâce à une large promotion des faux artistes dans les médias et sur les réseaux sociaux. Nous sommes fiers d’avoir généré pendant plusieurs semaines des retombées majeures en Afrique car les spots ont permis de faire réaliser à de très nombreuses personnes qu’il ne fallait pas acheter ses médicaments dans la rue ou sur les marchés.

Dans les mois à venir, nous poursuivrons nos efforts pour diffuser le plus largement possible notre message de prévention en allant sur le terrain à l’occasion d’une série de déplacements dans plusieurs pays d’Afrique et au cours desquels de nombreux événements seront organisés : concerts, rencontres sportives, visites d’écoles, conférences de presse etc.

L’accès à une santé et des médicaments de qualité est un droit fondamental dont chaque individu doit pouvoir jouir. Les Chefs d’Etat et de gouvernement ont pour devoir d’en faire une priorité et tous les acteurs concernés doivent renforcer leur coopération.

Quant à l’opinion publique, elle doit être sensibilisée. L’éradication du fléau des produits médicaux falsifiés est à ce prix. Mobilisons-nous tous pour l’éveil des consciences.

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