Enseignement supérieur : L’Afrique cherche encore la bonne formule!

1-Des formations qui correspondent aux besoins locaux

En Afrique encore aujourd’hui un accent important est mis sur l’obtention d’un diplôme universitaire comme chemin incontournable vers l’employabilité, mais la réalité est toute autre. Une étude montre que les jeunes diplômés du supérieur sont deux fois plus exposés au chômage que les jeunes n’ayant pas poursuivi leur scolarité au-delà du secondaire. L’Afrique a besoin d’offrir à sa jeunesse des formations courtes et qualifiantes dans des secteurs à forte valeur ajoutée.

Le secteur Agricole reflète bien cette nécessite de reformer le système de formation. Selon la BAD, l’Afrique importe l’équivalent de 35 milliards de dollars de produits alimentaires par an mais moins de 5% d’Africains sont formés dans le domaine de l’agriculture même si le secteur emploi 60% de la population active. Ce secteur qui attire le plus d’investissements sur le continent (avec notamment un engagement de la BAD à investir 24 milliards de dollars pour la transformation agricole durant les dix prochaines années) offre étonnamment une très faible offre de formation.

2-Vers des besoins toujours plus grands!

L’Afrique fait face à un boom démographique sans précédent avec une population de jeunes de 15-24 ans qui va doubler d’ici 2050, soit représenter environ 33% de tous les jeunes de cette tranche d’âge dans le monde. Avec une amélioration de l’accès à l’éducation de base, l’Afrique accueille environ 3 millions de nouveaux diplômés du secondaire chaque année. Environ 69 millions d’enseignants supplémentaires seront nécessaires afin d’atteindre les objectifs de l’Agenda Education 2030 de l’UNESCO, 120 millions de postes à créer d’ici à dix ans avec donc une nécessité de former localement de la main-d’oeuvre qualifiée et rapidement opérationnelle.

3-Les MOOCs: Ancre ou bouée de sauvetage?

Cette arrivée massive de jeunes couplée au manque d’infrastructures pousse les états africains à se tourner vers les MOOCs. En effet, environ 15% des inscrits aux MOOCs proposés par les universités européennes sont africains. Mais 100 MOOCs sur l’architecture peuvent-ils vraiment former un architecte? Sans doute que non. La solution serait donc certainement de penser à un mix formation traditionnelle/MOOCs avec du contenu adapté aux réalités locales pour que cette frénésie pour les cours en ligne ne se transforme pas en prêt à consommer importé. Les MOOCs constituent une aubaine formidable pour la formation continue en Afrique mais la coherence du contenu proposé et les difficultés d’accès à internet sont des points sur lesquelles l’Afrique à du chemin a faire afin d’exploiter pleinement tout le potentiel de cet outil.

Wilfried Tsoblefack
Cercle de réflexion du Club Efficience

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